Rencontre avec Yannick Hamon, artiste français à Portland

"Faux calme" et un brin provocateur, l’artiste français Yannick Hamon vous en fait voir de toutes les couleurs dans un style très Pop Art et Moderne Contemporain. Ce toulousain de 39 ans s’est installé il y a quelques années à Portland, en Oregon. Dans son atelier, pas de pinceau. La bombe est reine. Son inspiration ? C’est sur Instagram qu’il la trouve. Les toiles de ce fan de snowboard sont aujourd’hui exposées dans des galeries de Los Angeles, de San Francisco ou de New York. Rencontre.

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Comment le style "Yannick Hamon" a-t-il émergé ?

Depuis tout petit, je fais du skateboard et du snowboard. A Toulouse comme à Portland, les montagnes ne sont pas loin. Et comme dans le monde de la glisse, l’art graphique est très présent, j’ai commencé à exprimer mon art sur des skateboards via ce système de pochoir et de collage. Ma formation en Arts graphiques à Toulouse (le Scriptorium de Toulouse) où je suis resté 5 ans, a été très importante pour moi. J’y ai énormément appris. Par exemple, comment prendre une photo banale, la travailler et la détourner de son contexte pour en faire quelque chose de vraiment différent. C’est ce que je fais avec mes toiles.

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Quelles sont les différentes étapes pour créer une toile ?

Je recherche une photo qui me plait, qui m’inspire et je la travaille sur Illustrator. J’imprime cette photo en 5 ou 6 couleurs différentes, à la taille que je veux. Puis je redessine 5 ou 6 fois l’image en restant fidèle aux couleurs. Et à partir de là, je découpe des pochoirs. Je suis très artisanal dans ma manière de faire. Je fais tout à la main, sans faire de découpe au laser, ni employer de machine. C’est un travail long et minutieux qui peut me prendre parfois jusqu’à 5 semaines. Il faut s’armer de patience pour découper plus de 70.000 minuscules carrées qui au final formeront un visage... Une fois mon pochoir découpé, je me lance dans la phase créative. Et là je deviens fou, j’explose et je sors tout ce que j’ai à l’intérieur de moi. C’est freestyle. Je ne sais jamais comment ma toile va finir. Je suis ce que l’on appelle un « faux calme »...

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Votre inspiration, c’est sur les réseaux sociaux et notamment sur Instagram que vous la trouvez...

Oui, en effet ! En tant qu’artiste, les réseaux sociaux sont incontournables que cela soit pour promouvoir son travail ou en tant que source d’inspiration. Je « follow » de nombreux photographes, des magazines de mode, des artistes français comme par exemple Jacques Villeglé. Il a aujourd’hui 88 ans. J’adore son travail... C’est un affichiste qui a commencé dans les années 1950. Il était très avant-gardiste. Il décollait des affiches dans la rue, à Paris, les ramenait dans son studio, et les recomposait. Il est à la recherche de la composition parfaite. C’est ce que j’essaie de faire moi aussi. Une affiche dans la rue, qui se déchire avec le vent, qui se délave avec le soleil… c’est beau, cela m’inspire ! Je travaille l’image afin de trouver le bon équilibre, la composition parfaite, dans ma toile.

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Comment vous situez-vous dans le paysage artistique de l’Oregon et des USA ?

La scène artistique à Portland n’est pas très grande, et assez sombre. Je m’y sens un peu comme un ovni. J’aime la couleur. C’est devenue l’une de mes signatures. Il est difficile de se décréter d’une catégorie artistique particulière, de se mettre dans une case. Certains diront que je fais du « street art », peut-être parce que je travaille à la bombe et non au pinceau. Je me situe plus entre le Pop Art et le Moderne Contemporain. Ma « french touch », quant à elle, est peut-être de placer la femme au cœur de mes toiles. Des femmes souvent provocantes. Type Kate Moss, Twiggy, Edie Sedgwick d’Andy Warhol. Mes œuvres sont parfois jugées choquantes par certains américains. C’est mon message. Ouvrir le regard sur quelque chose de nouveau, qui interroge. C’est bien.

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Dernière modification : 16/03/2016

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