#NETVA2016 : Wandercraft et son exosquelette

A la découverte d’une autre startup lauréate du programme NETVA 2016 à San Francisco : Wandercraft. Créée en 2012 et basée à Paris, Wandercraft développe un exosquelette robotique permettant aux utilisateurs de fauteuil roulant de retrouver leur autonomie ! Détails avec le président de la startup, Nicolas Simon.

JPEG

Quelle est la genèse de ce projet ?

Nous avons commencé ce projet en dernière année d’étude d’Ecole Polytechnique. J’étais alors à Imperial College à Londres, et je m’ennuyais. Je me suis dit : Qu’est ce que je vais faire pendant un an ? Du coup, j’ai proposé à des potes de ma promotion de se lancer dans la production d’un exosquelette. Pendant un an, nous avons fait un prototype à distance sur ordinateur. En juin, on a gagné un concours pour les X qui ont des idées de startup, le prix Jean-Louis Gérondeau / Zodiac Aerospace. Cela nous a motivé et on s’est lancé dans cette aventure à plein temps, en sortant de nos études. On a rapidement levé des fonds, en juin 2013, 600.000 euros auprès de Xavier Niel notamment. Ce qui nous a permis de recruter 10 personnes et de produire une première version de l’exosquelette. En septembre 2015, nous avons levé 4 millions d’euros auprès notamment d’Innovation Capital. Notre team est passée à 25 personnes. Aujourd’hui, nous sommes en fin de la phase de développement. La nouvelle version d’exosquelette est quasi le produit fini. Les essais cliniques démarrent dans un mois…

Votre exosquelette, comment ça marche ?

C’est un peu comme un segway mais avec des jambes. Pas besoin d’aide pour le mettre : l’exosquelette est assis sur une chaise. La personne place son fauteuil roulant à côté, elle se transfère, puis se sangle, l’exosquelette se lève et enfin la personne marche. Quand elle se penche en avant, il y a un capteur au niveau du buste qui fait que la machine se met en route. Quand elle se remet droite, la machine s’arrête. Quand elle tourne les épaules, ça tourne. En gros, tu diriges cette machine avec ton buste. Nous avons développé des algorithmes assez robustes pour éviter au maximum la chute, mais elle peut toujours arriver. Notre idée est d’installer des airbags dans l’exosquelette...

Des exosquelettes, pour qui ?

Notre but final c’est de vendre aux particuliers, à des personnes paraplégiques. Mais on n’en est pas encore là. Actuellement, on vend notre exosquelette aux centres de soin comme tête de pont pour l’améliorer, le rendre plus fiable, etc. Pour mettre une personne paraplégique dans l’exosquelette, il faut posséder de nombreuses autorisations. L’objectif est d’obtenir une certification fin 2017. A moyen terme, on vise les personnes âgées et toute personne avec des problèmes de mobilité. En France par exemple, il y a 1 million de personnes âgées. C’est un gros marché.

JPEG

Quel est le plus d’un exosquelette par rapport à un fauteuil roulant ?

On veut donner plus d’autonomie à la personne paraplégique. Par rapport à un fauteuil roulant, tu peux monter des marches, franchir des obstacles, tu peux te déplacer dans un environnement qui est fait en grande partie pour des personnes qui marchent. Tu ne peux pas courir avec cet exosquelette mais à terme oui. Il y a également des intérêts médicaux mais qui ne sont pas encore démontrés. Une personne paraplégique est toujours assise, et du coup elle développe des problèmes de digestion, des problèmes cardio-vasculaires et aussi des problèmes de décalcification des jambes. Mais il faut une utilisation quotidienne et sur le long terme de l’exosquelette pour démontrer ces intérêts.

NETVA. Qu’attendez-vous de ce programme ?

Les USA sont un gros marché pour nous. Outre le fait que la plupart de nos concurrents sont présents ici, il y a beaucoup de patients potentiels. Notre marché est à 1/3 en Europe, 1/3 aux US, 1/3 en Asie. Par exemple, les vétérans américains constituent une grosse partie du marché aux US. L’ U.S. Department of Veterans Affairs achètent systématiquement un exosquelette pour les vétérans à la mobilité réduite. Pour l’instant, c’est nos concurrents qui ont le contrat. Avec NETVA, je suis venu chercher des contacts dans le milieu de la robotique, dans des fonds d’investissement, dans des laboratoires en pointe dans la robotique. On travaille déjà pas mal avec des laboratoires américains mais on voulait voir ce qui se fait dans l’écosystème. Et également trouver des contacts avec des centres de soin pour travailler avec eux et lancer des essais cliniques aux US.

Comment vous positionnez-vous par rapport à votre concurrence ?

Tous nos concurrents ont un design qui demande l’utilisation de béquilles. Ils ont une structure assez simple avec 4 moteurs, deux dans les hanches et deux dans les genoux. Si la personne tombe sur le côté, elle se rattrape avec ses béquilles ; à chaque pas, elle s’appuie sur ses béquilles ; quand elle se lève, elle met les béquilles vers l’avant. En gros, tu ne gagnes pas tant d’autonomie car tu perds l’usage de tes mains, qui tiennent les béquilles. Les paralysés deviennent des quadripèdes avec les exosquelettes de nos concurrents. Nous, on a voulu enlever les béquilles. On a une structure plus complexe avec 12 moteurs qui permettent de faire à peu près tous les mouvements que font les humains. Nous avons des algorithmes dynamiques qui permettent de stabiliser la personne de manière dynamique. La démarche de notre exosquelette ressemble à la démarche humaine. Et les mains sont enfin libres…

PNG

Dernière modification : 21/10/2016

Haut de page